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Devenir riche nous fait peur

La peur du changement est la principale résistance au changement

 Article de Mark Connelly[i] traduit par Madeleine Le Jeune avec la permission de l’auteur.

 La peur du changement est en fait la raison la plus fréquente pour laquelle nous résistons au changement car elle nous empêche d’entreprendre toute action quelconque.

J’ai rencontré en début d’année une cliente qui devait faire face      à une restructuration après avoir travaillé trente ans dans la même entreprise (une banque). Elle était terrifiée à la perspective d’être forcée de penser au-delà de son univers connu. Ce qui paralysait littéralement son esprit.

L’un des hommes que je coache a beaucoup d’idées géniales quant à son avenir, mais il est frustré car ses projets semblent n’aller nulle part.

 

Dans les deux cas, la peur du changement les empêche d’avancer. On ne la voit pas et elle persuade les gens qu’elle n’existe pas.  Elle vous persuade que le changement n’est pas bon pour vous et qu’elle peut vous empêcher de souffrir ou de faire souffrir les autres.  Je suis souvent témoin de ses tentatives pour convaincre les gens que de toute façon ils ne sont pas assez doués.

 

Cette page va tenter de dénoncer la peur du changement et vous faire comprendre qu’il est bien possible que cette peur opère dans votre vie, dans la vie de vos collègues ou dans des groupes de travail.  Dans la plupart des cas, elle est la responsable de toute résistance au changement que vous éprouvez.

 

Effets de la peur du changement

Dans la plupart des cas, la peur du changement nous empêche d’entreprendre une action. Et généralement, pour arriver à ses fins, elle utilise l’angoisse, le doute de soi et la culpabilité.

 

L’angoisse : Alors qu’une certaine forme d’angoisse est utile et peut nous motiver, il y a des moments où l’angoisse devant ce qui est nouveau peut sérieusement nous limiter.

En particulier lorsqu’il y a une incertitude quant à l’avenir.

 

De hauts niveaux d’angoisse sont le résultats

 

  • de rumeurs de changements,
  • de doute de soi ,
  • d’incertitude,
  • de non-respect des valeurs,

 

et tout ceci est paralysant.

Identifier et s’occuper de ces problèmes qui nous affectent et affectent les autres réduit l’angoisse. L’angoisse qu’implique notre peur du changement.

Il est alors utile de faire une bonne évaluation de la réalité présente.  Par exemple, prendre le temps de vérifier si les rumeurs qui circulent sont vraies peut éliminer bien des angoisses inutiles.

 

L’angoisse et la peur du changement vont main dans la main

 

L’angoisse nous empêche d’entreprendre toute action quelconque et nous fait résister  au changement en réveillant la peur de l’inconnu. La certitude est souvent plus facile à vivre que l’incertitude. L’angoisse sous-jacente à notre peur du changement  nous renvoie vers d’autres peurs plus spécifiques qui entretiennent la résistance au changement. Vous reconnaîtrez peut-être certains exemples:

 

  • La peur de l’inconnu : l’incertitude quant à notre avenir, surtout si on nous demande un acte de foi ou si nous n’avons pas suffisamment d’information, aboutit à l’angoisse.

 

  • La peur de l’échec: très liée au besoin de perfection, cette peur provoque l’angoisse de ne pas faire correctement les choses. Il va de soi que la meilleure façon d’éviter la souffrance de l’échec est de ne rien faire du tout.

Pourtant, l’échec est la seule voie vers la réussite. Souvenez-vous de toutes les ampoules qu’Edison a utilisées avant de pouvoir en allumer une. Les chefs d’entreprise qui ont réussi ont derrière eux une série de tentatives qui ont échoué. C’est ainsi que nous apprenons. John Maxwell appellle cela ‘Échouer en avant’ – une lecture utile pour examiner vos a-priori sur l’échec.

 

  • La peur de la réussite: Les paroles de Marianne Williamson, souvent attribuées à tort à Nelson Mandela nous rappellent que : “Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite. C’est notre lumière et non pas notre obscurité, qui nous effraie le plus. Nous nous demandons, qui suis-je pour être intelligent, superbe, doué et fantastique?”  C’est comme si nous ne croyions pas que nous méritons de réussir.
  • Se soucier de ce que signifie la réussite amène à l’angoisse. Nous avons des croyances sur les gens qui réussissent et nous avons peur de leur ressembler si nous aussi nous réussissons. Nous croyons, par exemple, que nous allons perdre nos amis ou les exploiter. Afin de diminuer l’angoisse de la peur du changement, il faut que maintenant plus que jamais nous connaissions nos valeurs et leur restions fidèles.

 

 

  • La peur de la perte: la perte est souvent associée au changement. Le changement peut, par exemple, signifier que nous perdrons nos collègues, notre salaire, ou même notre place de parking ! Il n’est pas évident non plus, mais tout aussi dévastateur, de perdre une routine connue ou les choses qui nous définissent (comme notre titre ou notre position dans l’entreprise).

 

  • La peur de perturber les autres: on enseigne aux coachs à explorer l’impact du changement sur les personnes de l’entourage proche de leurs clients. En effet, notre changement peut avoir des répercussions sur les autres. Bien-sûr, celles-ci peuvent être positives.  Mais la peur de perturber l’autre peut engendrer une angoisse qui limitera fortement ce que nous ferons. J’ai eu des clients qui préféraient refuser une promotion plutôt que de faire face aux ressentiments de leurs collègues.

 

  • La peur de quitter notre zone de confort: que cela nous plaise ou non, nous sommes des êtres de routine. Nous aimons nos rites et n’aimons pas faire face à l’incertitude. Mais rester dans une zone de confort peut être néfaste, comme l’a découvert l’un des personages de “Who moved my cheese?” (Qui a bougé mon fromage?” de Spencer Johnson (J’adore les leçons sur le changement que contient ce livre, et vous le recommande)

 

Le doute de soi : Le doute de soi s’exprime par des phrases du genre: “Je ne suis pas assez doué … pas assez intelligent … je n’ai pas fait assez d’études … je suis bête.” Non seulement nous commençons à croire que ces déclarations sur nous-mêmes sont exactes mais nous avons peur que les autres découvrent nos limites. L’option naturelle c’est de résister au changement pour empêcher tout cela.

 

Se rabaisser à ce point est l’aboutissement d’un manque de confiance en soi et d’une peur du changement qui nous empêchent d’entreprendre toute action. Littéralement, cela nous empêche d’avancer dans la vie.

 

Construire l’estime de soi et la confiance en soi contrebalance les effets de l’angoisse et élimine la peur du changement.

 

La culpabilité : les gens qui mettent régulièrement les besoins des autres au-dessus des leurs sont enclins à se sentir coupables s’ils pensent que le changement dont ils ont besoin va affecter les autres. De fait, la culpabilité crée une peur du changement de deux façons :  nous nous sentons mal de mettre nos besoins avant ceux des autres et ensuite nous nous sentons mal car nous n’entamons aucune action. Nous ne pouvons pas gagner !

 

Vous entendez la culpabilité dans la façon dont ces personnes parlent. Elles utilisent très souvent des verbes  comme “devoir, falloir, être obligé de …”. Par exemple elles disent: “ Je devrais vraiment faire ceci” ou bien “Il faut que j’aille …”. Il se peut que ce soit même votre cas.

 

J’aime bien cette histoire que raconte Stephen Covey dans ses “7 habits” (7 habitudes). C’est  un jeune homme qui s’excuse car il ne peut pas assister à la conférence de son professeur. Quand Covey lui demande pourquoi, l’étudiant répond: “c’est parce que je dois aller à un entraînement de tennis”.

Stephen Covey lui demande ce qui arriverait s’il n’allait pas à l’entraînement, et l’autre répond qu’il serait expulsé de l’équipe. “Donc, vous avez choisi d’aller à l’entraînement de tennis plutôt qu’à ma conférence”, lui fait remarquer Covey.

 

Stephen Covey souligne le fait que nous devons faire attention à nos paroles et changer nos “je dois” en ‘je choisis de”, ou nos “je devrais” en “je veux” ou “j’aimerais”.

 

Se concentrer sur l’individu

 

La peur de changer peut être l’un des freins les plus puissants aux changements d’organisation dans une enterprise. Ou aux changements personnels.

Alors qu’une analyse des rapports de force peut être utile pour évaluer la situation globale, le temps passé à vraiment comprendre les réactions individuelles des gens vous permet d’intervenir là où ils en sont.

Encourager les employés à s’impliquer aux premiers stades du processus de changement et leur permettre de participer au processus amènent à des niveaux moindres de résistance au changement, à une plus grande acceptation et à un plus grand engagement dans celui-ci.

L’efficacité d’un changement désiré par le management se mesure par la capacité des gens à aller de l’avant et par leur acceptation de la vision de ce changement; pour ce faire, il est vital d’accompagner le processus en se concentrant sur l’individu.

Alors que la résistance au changement n’est pas inhabituelle, comprendre la peur naturelle des gens au changement peut vous aider à planifier et à changer de stratégie de gestion.

 



[i] Mark Connelly est directeur du Change-Management-Coach.com, il s’adresse dans cet article plutôt aux managers et entrepreneurs mais j’ai pensé qu’il s’adressait aussi à tous ceux qui veulent changer. Les articles sur le site de Mark Connelly sont utiles et profonds.

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